Diodore, I
douze arpenis d'Egypte (l'arpent était un carré d'environ iOO mètres de côté*). Prêtres et guerriers étaient naturellement exempts de taxes, mais ils affermaient leurs terres et rimpôt, que les Hébreux évaluent à un centième du revenu, devait se prélever sur ces terres affermées'. Quand les pharaons eurent décidément acquis la suprématie sur la caste sacerdotale, ils se considérèrent comme les propriétaires éminents de toute l'Egypte, et alors les prêtres furent payés par eux*. Force est bien d'admettre aussi qu'en dehoi-s des grands domaines affectés aux rois, aux prêtres, aux guerriers, il existait d'autres terres, puisque, au dire d'Hérodote, Sésoslris avait alloti la contrée entre tous les Égyptiens en accordant démocratiquement à chacun une égale surface carrée et frappée de sa quote-part d'impôt*. Mais cette antique histoire de l'Egypte est fort confuse, et, en dépit de son horreur pour tout changement, l'organisation politique du pays a dû sûrement se modifier au cours de sa très longue existence.
En dehors et au-dessous des prêtres et des guerriers, il y avait une classe laborieuse, subdivisée en catégories : pasteurs, agriculteurs, artisans, interprètes, pilotes ^ Toutes ces castes ou classes étaient héréditaires. H fallait vivre et mourir à l'endroit où l'on était né, exercer la profession paternelle^. Le gouvernement était tracassier, despotique; ainsi chaque Égyptien devait, sous peine de mort, justifier, chaque année, de ses moyens d'existence'; mais d'autre part, l'État était paternel et ne se désintéressait pas du sort