D'AbbadiOy Douic ans dans la haute Ethiopie
2. Lettres édifiantes, IV, 290. — Combes et Tamisier, Voy. Abyssinie, vol. IV, 10-U.
3. Combes et Tamisier, toc. cit,, vol. IV, 21. — Lettres édifiantes, IV, 338.
énorme et le cérémonial observé à sa cour rappelle beaucoup celui de Fancienne Egypte. Au siècle dernier, au Sennaar, on devait se prosterner trois fois devant le roi et lui baiser les pieds ^ En Abyssinie, un rituel règle l'adoration due au souverain. Devant sa personne auguste, on commence par se laisser tomber sur les genoux, puis sur les mains, après quoi on touche la terre de son front et Ton reste ainsi prosterne jusqu'à ce que le maître ordonne au suppliant de se relever \ Toutes les sujettes du souverain sont à sa disposition; il lui suffit de leur faire savoir qu'elles ont eu le bonheur de lui plaire pour qu'elles se parent et se rendent avec empressement au palais (Bruce). A ia mort du roi, deuil général, comme en Egypte; toute la population, sans distinction d'âge ni de sexe, se rase la tête; des femmes^ plus zélées, vont jusqu'à se lacérer ou se brûler le visage^.
La maison royale comprend toute une armée de fonctionnaires : un chef d'avant-garde, un grand sénéchal, un trésorier général, l'organe judiciaire du maître, appelé « la bouche du roi i, un écuyer tranchant, un pannetier, un maître de Thydromel, un porteur de bouclier, etc. *.
Avec moins de somptuosité, la maison des grands feudataires est montée sur un pied analogue. En effet l'Abyssinie est en plein régime féodal. Le souverain est réputé le propriétaire du pays; il en a le domaine éminent et le fait bien voir. C'est lui qui confère les fiefs à de grands vassaux, euxmêmes suzerains de vassaux inférieurs, et ces feudataires payent une redevance en blé, en chevaux de guerre, en soldats*. Les fiefs sont d'importance diverse, il y a de grands fiefs, dits fiefs à bannières, conférant le droit de se faire pré-