Ibid
femmes de service. L'ennui de ces mariages par raison d'État était atténué par une large et légale pratique du concubinage; mais les enfants légitimes, seuls, succédaient à leurs pères et, en cas de déshérence, le fief faisait de droit retour à l'empereur ^ L'éducation de ces grandes dames japonaises était toute d'agrément. Leurs maris les tenaient systématiquement en dehors des affaires d'État, disant, suivant une ancienne relation, c que les femmes sont faites uniquement pour donner du plaisir et élever les enfants' i. Les grands feudataires du Japon, comme ceux de tout pays féodal, ne détenaient point leurs fiefs à titre gratuit; ils devaient au suzerain non seulement l'hommage, mais le service militaire et s'engageaient à entretenir pour l'empereur un nombre de soldats proportionné à l'importance de leur apanage ^ Ce n'était pas tout. Les enfants, héritiers présomptifs des principautés de leurs pères, devaient être élevés à Yeddo, près du siogoun comme autant d'otages répondant de la fidélité paternelle*. Enfin, par excès de précaution, l'empereur entretenait auprès de chaque grand vassal un surveillant attitré, chargé de tenir journal exact de toutes les actions de son hôte, qui avait même le devoir de mettre l'envoyé impérial au courant de ses faits et gestes^. Il en résultait, pour ces hauts feudataires, unegène si grande que beaucoup se hâtaient d'abdiquer en faveur d'un fils dès que cela leur était possible. La véritable autorité, l'autorité pratique, paraissait résider dans un conseil d'État composé de quatre ou cinq personnages pris dans la haute noblesse, parmi les c très fort honorés », et de huit autres tirés de la noblesse de second rang, celles des « honorés >• Seuls, les