‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 173 sur 538 · Ibid., III · texte numérisé non relu

Ibid., III

Letourreau. — L'Évolution politique. 11

base de la sociélé japonaise était la classe des paysans, pour la plupart serfs ou colons des nobles et écrasés de redevances. Leurs maîtres prélevaient ordinairement, pour eux, les 6/10 de la récolte; la couronne, un peu moins âpre, se contentait des^/'iO; maïs, au total, la pauvreté du colon japonais était extrême. Aux lies Liou-tchou, le riz lui-même, quoique ne coûtant qu'environ cinq centimes le litre, était devenu, pour ceux qui le cultivaient, une denrée de luxe et pendant la majeure partie de l'année ils vivaient de patates et de taro*.

Ce n'est pas tout, la population tout entière était maintenue dans un état de perpétuelle inquiétude. Du haut en bas de l'échelle sociale, on sentait toujours fixé sur soi un œil vigilant, celui de la police impériale. C'était, au Japon, le grand ressort gouvernemental. Les maisons étaient classées en groupes de cinq, dont les chefs étaient solidaires. En outre, chacun d'eux avait l'obligation d'observer les quîltre autres et de dénoncer les délits ou irrégularités, qu'il pouvait leur arriver de commettre. En cas de négligence, on était condamné soit à l'amende, soit à la fustigation, parfois emprisonné ou mis aux arrêts dans sa maison. Défense absolue, pour tout le monde, de déménager, si l'on n'avait obtenu de ses voisins un certificat de bonne conduite. — Les nobles et fonctionnaires étaient espionnés, tantôt ouvertement, comme nous l'avons vu, tantôt secrètement par des agents soudoyés et même déguisés. Aux yeux des Japonais, l'action d'espionner n'avait rien de déshonorant ; les nobles, môme de haut rang, faisaient volontiers le métier de policier. Le nom donné aux espions indique assez qu'on ne les tenait pas en mésestime : on les appelait, nous dit Siebold, c observateurs inébranlables ». Les gouverneurs des villes de-

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