‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 175 sur 538 · I. J. de la Graviëre, loc. cit · texte numérisé non relu

I. J. de la Graviëre, loc. cit

pccnne, depuis quelques années, les Églises japonaises sont séparées de l'État et les frais de tous les cultes, même du bouddhisme, sont laissés à la charge des fidèles. Mais ce n'est point du Japon nouveau dont j'ai à m'occuper ici et l'ancien élait un parfait modèle de grande monarchie barbare. La brève description, que je viens d'en donner, suffit pour l'objet de cette étude, qui est de grouper les faits particuliers pour en tirer des vues d'ensemble.

Au Pérou, au Mexique, en Egypte, en Ethiopie, au Japon, nous rencontrons une organisation politique, identique au fond, très analogue même dans les détails. Dans tous ces États, une poignée de dirigeants privilégiés, groupés autour d'un despote religieusement adoré, maintiennent le reste de la nation dans un état de dépendance stricte, souvent abjecte, et toujours la patience de la masse asservie est sans limites. Jamais on ne la voit se révolter ; elle a, pour ses maîtres, la docile obéissance des moutons pour leurs bergers et même pour les chiens de ces bergers. A moins de choc venant du dehors, ces grandes monarchies barbares durent indéfiniment, des siècles, des milliers d'années. Sont-elles perfectibles? Si nous n'avions d'autres exemples que ceux précédemment cités, on en pourrait presque douter. Mais il est un de ces vieux empires, qui, bravant toutes les causes de destruction internes et externes, a survécu jusqu'à nos jours, en évoluant lentement et conformément à son principe. Ce faisant, il a réalisé des progrès lents sans doute, mais non sans valeur. De plus il les a réalisés à sa manière, sans aucun emprunt étranger. Il est donc d'un intérêt tout particulier pour la sociologie évolutive. Cet empire, c'est le < Céleste Empire >, la Chine.

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