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CHAPITRE VII

I. L'évolution politique en Chine. — La Chine est le seul grand Ëtat primilif qui ait survécu. — Les clans originaires de la Chine. — Les droits de la famille chinoise. — L'âge féodal de la Chine.

II. L* empereur de la Chine. — Les prérogatives impériales. — L 'État-famille.

— Droits et devoirs de Tempcreur. — Délégation de l'autorité. — hq ccnsorat.

— Les conseils spéciaux. — La cérémonie du labourage. — Titres caducs. — Les mandarins.

III. Leê lettrés chinois. — Le principe du mandarinat. — Le concours a succédé à l'élection. — Titres nominaux de la famille impériale. — Noblesse viagère des mandarins. — Les grades littéraires. — Le^ concours. — Les déclassés littéraires. — Décadence du mandarinat. — Phases de cette décadence.

\y. Le gouvernement. — Administration civile. — Précautions contre les abus du pouvoir. — Devoirs des censeurs. — Devoirs du souverain d'après Confucius. — La statistique de l'empire. — Décentralisation. — Les responsabilités collectives. — Règlemejitation minutieuse. — Les impôts.

V. Les rites. — L'immobilité décrétée. — Le ministère des rites. — L'invention réglementée. — La liberté d'association. — La liberté de la presse. — Les gazettes.

VI. La philosophie du gouvernement familial. — L'empereur « père et mère ». — L'éthique gouvernementale. — Corruption administrative. — Ses causes. — Les divers modes d'initiation. — Ce que ne peuvent donner les concours et examens littéraires.

Les grands États barbares, dont nous nous sommes succès-

sivement occupés, étaient de type différent. Je me suis efforcé de les ranger en série sociologique et j'ai décrit d'abord ceux qui manifestement tenaient de plus près aux âges primitifs. Par de certains côtés, au contraire, la Chine s'en éloigne beaucoup; c'est que son origine remonte à une fort lointaine antiquité. Tous les grands États monarchiques, dont nous entretiennent les historiens gréco-romains, ont été détruits; ceux de l'Amérique centrale, plus barbares encore que leurs analogues du vieux continent, mais, comme eux, directement issus de la sauvagerie initiale, ont succombé en un moment sous les coups de la conquête espagnole. Un seul grand Élat primitif a bravé les assauts du temps et groupe encore sous ses lois le tiers ou le quart du genre humain, c'est l'Empire du Milieu, le Céleste Empire, la Chine. Même en mettant au point sa chronologie trop fantaisiste, il est impossible de ne pas reporter sa fondation à plusieurs milliers d'années avant notre ère, à une époque où la vieille Egypte était encore debout dans toute sa vigueur. Il est donc tout spécialement intéressant pour la sociologie d'étudier l'évolution de ce vénérable et colossal empire.

L'histoire, même l'histoire de la Chine, est muette sur les âges très reculés d'un pays ; mais nous savons que l'évolution sociale s'y est faite, comme ailleurs, et que la Chine a eu son âge de la pierre. La tradition locale fait remonter l'origine des 400 millions de Célestes aujourd'hui vivants à cent familles d'émigrants « aux cheveux noirs >, venues du massif montagneux de l'Asie centrale. Les Chinois prennent même encore le nom de « peuple des cent familles » et il n'existerait que quelques centaines de noms dans tout l'empire. Ces familles devaient être des clans et on en trouve environ quatre cents disséminées dan^ toute la Chine ^

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