‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 181 sur 538 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Torganisation politique. En théorie, le vaste empire chinois avec ses 400 millions d'habitants n*est qu'une grande famille, dont Tempereur est à la fois € le père et la mère >. En théorie aussi, ce monarque androgyne est armé des droits absolus accordés au père dans la famille patriarcale de tous les pays. Il est censé tout savoir et tout pouvoir. Son peuple est dans sa main, comme la famille romaine était dans celle du paler familias. C'est lui qui fait les lois et il les peut défaire ; à lui seul appartient le droit de vie et de mort; toutes les forces de l'empire sont à sa disposition; tous les revenus publics sont à sa discrétion, etc.^ Mais en réalité le bon plaisir impérial est bridé de toutes parts.

Tout d'abord le titre de « père et mère » de l'empire impose au souverain des devoirs calqués sur ceux d'un bon père de famille. La bienfaisance est, pour lui, une fonction publique. Comme l'Inca péruvien, l'empereur de la Chine a ou avait jadis de vastes magasins, d'où, au besoin, le riz pouvait se répandre, couler comme un flot jusqu'au fond de la Corée". Marco Polo nous a laissé un récit naïf et exact de ces charités impériales : « Sachez, dit-il, que le Seigneur, quand il voit que ses gens ont abondance de blés et à bon marché, s'en pourvoit, en fait amasser grandissime quantité dans toutes ses provinces, les met en de grandes maisons et les fait si bien soigner et garder qu'ils durent bien trois ou quatre ans. Et entendez bien que c'est de tous blés : froment, orge, millet, riz et autres blés. De façon que, quand il advient une cherté de quelqu'un de ces blés, le Seigneur en fait tirer de ses greniers. Et afin que les gens aient bon marché communal, si la mesure se vend un besant, il en fait donner, pour ce prix, quatre à quiconque en veut pour vivre \ » Même en

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