Voyage de Marco Polo y
temps ordinaire toute une population indigente ou impotente est à la charge de l'État, c'est-à-dire de Teropereur. En 1360, un édit impérial fut rendu, portant que les lettrés âgés, les orphelins, les gens abandonnés et sans asile, tous les malades et infirmes, incapables de pourvoir à leur subsistance, étaient € la population du ciel » nullement responsable de son dénûment^ Or, le fils du ciel est nécessairement le tuteur désigné de la population du ciel.
Si grande que soit sa sollicitude paternelle, l'empereur ne peut veiller lui-même sur chacun de ses 400 millions d'enfants. De son mieux il réalise l'omnipotence en déléguant son pouvoir à ses ministres, qui, à leur tour, le transmettent aux fonctionnaires de leur département administratif. De délégation en délégation l'autorité, le droit de surveiller, celui de protéger et de punir s'éparpillent jusqu'à des petits groupes d'individus et de familles dont tous les membres sont solidaires ^ Par cet artifice gouvernemental l'empereur réalise l'omniprésence autant que peut le faire un pauvre bipède humain; il joue le rôle d'astre central, du soleil, avec lequel les Péruviens et les Égyptiens identifiaient l'Inca et le Pharaon. Mais en réalité, le bon plaisir de ce dieu terrestre est bridé de cent manières; un rituel minutieux Tenchaine et il ne prend de décision que d'après l'avis et sous la responsabilité de conseils spéciaux\ Des censeurs surveillent même ses actes personnels, lui adressent au besoin des représentations sur sa vie privée aussi bien que publique et ces documents sont publiés au moins en partie dans la Gazette de Pékin\ Ces censeurs vont jusqu'à prendre au sérieux le titre de « fils du ciel » donné à l'empereur et le