‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 184 sur 538 · Pauthier, Chine moderne · texte numérisé non relu

Pauthier, Chine moderne

tiennent les manches de cette charrue. Les charrues des princes et dignitaires sont aussi dirigées par des laboureurs âgés. Le maire de Pékin, revêtu de ses habits officiels, est en tète du cortège ; il présente le fouet à Tempereur et raccompagne jusqu'au bout du champ. La cérémonie terminée, Tassistance accomplit les trois agenouillements et les neuf prosternements d'usage, puis les laboureurs achèvent de cultiver le champ. Plus tard la moisson s'en fait publiquement et le produit en est déposé respectueusement dans le grenier de V esprit divin. Voilà pour l'empereur; l'impératrice, à son tour, joue un rôle du même genre dans une autre fêle rurale, appelée la € fête des mûriers^ >.

Un monarque astreint à de semblables pratiques est évidemment contraint, si absolue que puisse être en principe son autorité, à ne Texercer qu'avec une certaine débonnaireté. Les coutumes usitées même dans sa famille rappellent aussi au maître que, sans le mérite personnel, la dignité du rang, la noblesse du sang valent peu de chose. Ainsi les fils de l'empereur ne sont, au moment de leur naissance, revêtus d'aucun titre. En Chine on n'assiste pas au ridicule spectacle, fréquent dans d'autres pays, de grands dignitaires allant porter des ordres de chevalerie à un nouveau-né, dont le cordon ombilical n'est pas encore tombé. C'est seulement à l'âge de 15 ans que les fils de l'empereur chinois reçoivent un titre de leur père. Les autres membres de la famille impériale ont aussi des titres, mais ils ne les conservent qu'à condition de les soutenir par des mérites réels. Sinon ils retombent au rang du simple peuple et ne peuvent porter même les insignes des mandarins du neuvième degré '.

En fait, c'est dans la grande classe des mandarins que

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