Sinibaldo de Mas, loc. cit
Letourneau. — L'Ëvolution politique. 12
Une fois entré dans la classe des lettrés et muni des diplômes convenables, un Chinois est réputé propre à tout ; chaque mandarin peut occuper n'importe quelle place correspondante à son titre ^ : on n'a pas idée de )a spécialisation. Il existe seulement unehiérarchie administrative, comprenant neuf degrés, distingués ostensiblement les uns des autres par des globules de matière diverse, ayant le volume d'un œuf de pigeon et vissés sur le chapeau officiel ^ Le rang le plus élevé est indiqué par une pierre précieuse rouge ; c'est Tin* signe du grand chancelier, d^s membres du conseil privé, etc. Les trois derniers rangs n'ont droit qu'à un globule d'or ou doré^ — Les mandarins casés, pourvus d'un emploi, forment une classe ayant des mœurs très aristocn^tiques, se séparant nettement du reste de la nation. Ses membres ne se marient qu'entre eux et n'ont de relations intimes qu'avec leurs pareils; car partout, en dépit des différences de race et de couleur, l'homme est un animal hiérarchique*.
Gomme le premier grade, celui de bachelier, n'est que Tantichambre de la bureaucratie chinoise, il arrive que quantité de bacheliers ne parviennent pas à atteindre les degrés supérieurs et forment une nombreuse catégorie de déclassés sans ressources, réduits à vivre d'expédients . Fiers de leur inutile diplôme, ils ne sauraient plus s'abaisser à un travail manuel, ni même à aucune occupation industrielle, commerciale ou agricole. La plupart vivent en parasites, de mille manières ; un petit nombre se font maîtres d'études ou médecins ou employés subaltenies des tribunaux^. — La population des lettrés joue un tel rôle en Chine, que l'État étend sur elle une certaine protection. De même que chaque