‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 190 sur 538 · Gauthier, Chine moderne · texte numérisé non relu

Gauthier, Chine moderne

4. Sinibaldo de Mas, hc. cit.. Il» 329. &. Hue, loc. cit., l, 333.

ville a ses bâtiments spéciaux consacrés aux examens, chaque province a des ressources particulières destinées aux lettrés, des domaines affectés à leur entretien. Des habitations, des asiles, attenant aux temples et aux sépultures, s'ouvrent au besoin pour recevoir les lettrés malheureux ^

En apparence le système du mandarinat est complet. Il devrait fonctionner avec une parfaite régularité et produire tous ses résultats logiques. Mais, et cela n'est point particulier à la Chine, les institutions valent pratiquement ce que valent les hommes chargés de les mettre en œuvre. En tous pays, les mesures prises uniquement dans l'intérêt général ont à subir les assauts incessants des intérêts particuliers. L'organisation universitaire de la Chine a eu le sort commun. La tradition affirme pourtant que, durant des siècles, cette organisation est restée fidèle à son principe : ce fut l'âge d'or du mandarinat. Alors les emplois élevés ne se donnaient qu'au seul mérite et tout marchait à souhait ; les lettrés obtenaient légitimement leurs grades ; les mandarins rendaient une exacte justice ; en résumé, l'autorité était respectée parce qu'elle était respectable ^ Il n'en est plus de même aujourd'hui. Un agent démoralisateur menace de détraquer tout le mécanisme, et cet agent de ruine n'est pas particulier au Céleste Empire : c'est le grand corrupteur, l'argent. En classant les renseignements qui nous sont parvenus â ce sujet de divers côtés, l'on arrive à se retracer les phases graduées de la démoralisation chinoise. Tout d'abord le gouvernement a eu besoin d'argent. Quel gouvernement n'en a besoin 7 Mais, en Chine, le système des impôts est fort simple, fixé de tout^ éternité par des rites immuables ; l'emprunt n'est pas encore entré dans les mœurs. Il n'y est donc pas facile de trouver des expédients financiers. D'autre

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