‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 191 sur 538 · Gh. LavoUéo, Chine contemporaine · texte numérisé non relu

Gh. LavoUéo, Chine contemporaine

part, tout en étant moins nombreuse et moins bien pourvue qu'ailleurs, la classe opulente existe pourtant en Chine. Des propriétaires, des négociants vaniteux ont offert à Tadministration des sommes assez considérables pour obtenir, à titre honorifique seulement, le droit de porter sur la tète le bouton do licencié \ Cela ne semblait pas tirer à conséquence et a été accordé. Ce premier succès a encouragé d'autres tentatives du même genre. Une fois la licence honorifique obtenue à prix d'argent, on a demandé et souvent obtenu l'autorisation de concourir pour les emplois supérieurs ^ D'autres candidats, bien nantis et plus avisés, ont simplement rusé avec la légalité; ils se sont procurés d'avance et à prix d'argent les sujets des compositions données au concours ou bien ont tout bonnement acheté le suffrage des juges'. Finalement le gouvernement, ayant toute honte bue, a couramment fait commerce des emplois, tandis que, de son côté, l'acheteur se réservait de faire payer à ses administrés ses frais de premier établissement.

En 1822, les censeurs tardivement indignés firent, au sujet de ces abus, des représentations à l'empereur, alléguant que l'on avait vu arriver à prix d'argent au mandarinat la lie de la population : des voleurs de grand chemin et des bonzes, ce, pendant que 27,000 kujins (licenciés) et 5.000 ting (docteurs) attendaient des places honnêtement conquises, quelquefois depuis trente ans^. Sûrement ce sont là des chinoiseries, et l'on aime à croire que rien de semblable n'est possible dans l'Europe civilisée.

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