IV. — LE GOUVERNEMENT
Nous venons de^voir comment se recrutent les fonctionnaires de l'empire; il nous reste à étudier la machine gouvernementale elle-même. Or, par plus d'un côté l'administration chinoise peut servir de modèle à bien des nations infatuées de leur supériorité sur nombre de points plus apparente que réelle. Sans doute, on trouve dans cette organisation plus d'un détail à critiquer , entre autres l'obligation de proportionner la dimension des caractères de récriture à la dignité de la personne qui écrite On a, d'autre part, établi des responsabilités absurdes, par exemple, celle qui punit de la ruine ou de la mort tout mandarin d'un district marin sur le littoral duquel un navire apportant des présents à l'empereur aura fait naufrage *. Mais, dans l'ensemble, l'appareil administratif est ingénieusement et sagement combiné.
Tout d'abord l'autorité est toujours et sans exception entre les mains d'employés civils. Les ofGciers, les mandarins militaires, nommés aussi au concours, ne commandent qu'à leurs soldats. On a même soin de cantonner les troupes loin des grandes villes, où elles n'entrent jamais sans y être appelées par l'administrateur civil du district^ D'autre part, de minutieuses précautions sont prises contre les abus que pourraient commettre les détenteurs du pouvoir. Un mandarin ne peut être gouverneur de sa ville, même de sa province natale*. Défense, sous peine de mort,