l'Évolution politique chez les guanches
Dès une époque fort loinlaine, au moins dès Tépoque robenhausienne, une granije race préhistorique a occupé le midi de la France, la péninsule .ibérique, TAfrique septentrionale et même les îles Canaries oû, au xvi* siècle, ses représentants sauvages, les Guanches, restés à l'âge de la pierre poIie,habitaientencoreleplussouventdans des cavernes. Les Guanches primitifs nous représentent avec l'homme de Cro- Magnon, leur ancêlre, la phase la plus lointaine du développement de la race berbère, tandis que les Touareg du Sahara, d'une part, et les Kabyles des anciens pays barbaresques, d'autre part, nous montrent la même race parvenue à un état de civilisation plus avancée. Nous avons à l'étudier dans ces trois stades, et tout d'abord chez les Guanches, dont Télat social devait se rapprocher beaucoup de celui de l'homme de Çro-Magnon. Or, les tribus des Guanches étaient divisées en petits clans habitant en commun le plus souvent dans des cavernes, parfois dans des maisons; mais cavernes et maisons contenaient des loges, des alcôves pour les ménages particuliers, selon la pratique actuelle des Néo-Guinéens et la coutume ancienne des Iroquois\ On peut supposer qu'il existait un mariage collectif entre tous les hommes d'un de ces clans et toutes les femmes d'un autre, à la manière australienne; car les chroniqueurs nous disent que les femmes étaient presque communes. Les hommes, nous dit-on, se les prêtaient volontiers et l'échange des femmes était une des politesses obligatoires de l'hospiialité ^ D'autre part, le chef
1. Verneau, Mission scientifique dans l'archipel canarien, 187-19i.