‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 212 sur 538 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

annoncer son passage, en porlant une sorte de bannière en jonc. Les gens du peuple avertis se prosternaient devant le roi, lui essuyaient les pieds et les baisaient ensuite avec ferveur ^ Le culte monarchique des guanches allait plus loin encore. A l'avènement d'un nouveau prince, plusieurs sujets briguaient l'honneur de se sacrifier probablement pour lui assurer un règne heureux. Après une grande fête donnée par le nouveau souverain, on conduisait en cérémonie les victimes, qui s'étaient volontairement vouées, sur la cime d'une montagne, d'où elles se précipitaient dans une vallée profonde sur des pointes de rochers ^ Ces souverains adorés prélevaient, nous dit-on, des impôts, sur la nature et la quotité desquels nous ne sommes pas renseignés^. Si succincts, si incomplets que soient ces quelques renseignements, ils nous suffisent, grâce à la méthode ethnographique, pour nous faire une idée très nette de révolution politique chez les Berbères primitifs. Nous ne pouvons, il est vrai, que supposer la phase initiale, la phase anarchique ; mais elle est nécessaire. Celle des clans communautaires, qui lui succède ordinairement, était encore attestée aux Canaries par des survivances parlantes. Or, entre cette phase du clan totémique et celle de la tribu monarchique, s'interpose invariablement le slade de la tribu républicaine, dont l'existence d'un conseil aristocratique se recrutant lui-même était encore chez les Guanches un vestige évident, la survivance et l'analogue du conseil des vieillards et des notables dans la tribu républicaine des Peaux-Rouges américains.

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