‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 225 sur 538 · Ibid,, II · texte numérisé non relu

Ibid,, II

21t L'ÉVOLUTION POLITIQUE

totl^es qu'il n'a plus d'autorité morale dans le village. S'il comprend à demi-mot et se retire, il n'y a point de conflit; sinon la djemâa se fâche et révoque Tindocile^ Après la retraite plus ou moins volontaire de Yaminj les noiableSy les membres influents de h djemâa se mettent d'accord pour lui choisir un successeur, puis ils présentent leur candidat à la djemâa, qui d'ordinaire l'élit par acclamation. Souvent, avant d'accepter, le nouvel élu a pris soin de poser ses conditions. Y a-t-il dissidence, conflit de candidatures? on prévient toute dissension durable en s'en remettante l'arbitrage,, soit des marabouts, soit d'un homme respecté, soit d'une autre djemâa. Une tribu, celle des Igaouaen, demande à l'élu de jurer sur le Koran, qu'il sera juste, impartial.

Vamin est le principal, non le seul fonctionnaire. Luimême choisit son ou ses Cemman (répondants). Quant à la djemâa, elle nomme un oukil, chargé d'administrer le bien de la mosquée et souvent de représenter les intérêts de la minorité, en contrôlant et surveillant la conduite de Vamin. La djemâa désigne encore un iman, marabout qui lui sert de secrétaire et préside en outre aux cérémonies religieuses des mariages et des enlerremenls; enfin elle nomme un crieur public. Toutes ces fonctions, depuis celle de Vamin jusqu'à celle du crieur, sont gratuites\

Chaque village kabyle a ses coutumes traditionnelles, ses lois, son Kanoun, qui peuvent lui être propres. Souvent les Kanouns sont écrits; parfois ils sont simplement traditionnels et confiés à la mémoire des vieillards et des sages (Ak' af), à la mode primitive*.

Nous avons vu que le village kabyle était formé par l'agrégation de plusieurs clans (kharoubas); c'est un dimi--

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