‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 229 sur 538 · Ibid., II; 106. III · texte numérisé non relu

Ibid., II; 106. III

teur est armé d*une longue baguette, et a le droit de 8*ea servir pour mener son petit troupeau ; il peut aussi tirer les oreilles de ses élèves ou les mettre en retenue à jeun dans la mosquée.

L'enseignement secondaire donné, toujours dans la mosquée, aux étudiants ou tolba se réduit aussi à des exercices de mémoire : on apprend par cœur, souvent sans le comprendre, le textejdu Koran, celui de la grammaire, ou des traités d'arithmétique, de versification, de théologie, de droit ^ Les marabouts, dispensateurs de cette singulière instruction, sont-réputés des êtres supérieurs, doués d'un pouvoir magique; d'un mot, croit-on, ils peuvent changer un homme en femme, faire tomber les grêles sur les récoltes, infliger toutes les maladies ^

La race kabyle est évidemment mal développée encore au point de vue intellectuel; elle est naïve ; mais elle a conservé cependant beaucoup de ces bonnes qualités que les sociétés primitives ont souvent inculquées à l'homme; enfin elle est restée essentiellement républicaine. Dififérenls en cela de kurs congénères du Sahara, les Berbères de la Kabylie n'ont point institué chez eux le servage; sans doute ils avaient bien des esclaves nègres, mais aucun Kabyle ne pouvait aliéner même pour un temps sa liberté^ Les Kabyles sont donc, moralement, bien supérieurs à leurs voisins, les Arabes, et même aux Sémites en général. Mais, avant de les quitter, il me faut encore signaler et même décrire certains traits de leurs mœurs, qui influent grandement sur le fonctionnement de leur organisation politique. Je veux parler de leur çof et de leur anaya.

De l'esprit même de liberté, qui est dans les mœurs et

i. Hanoteau et Letourneux. KabyliCy II, 100.

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