‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 237 sur 538 · Mayeux, loc, cit., II · texte numérisé non relu

Mayeux, loc, cit., II

pour que celui-ci provoquât parmi les riches de la tribu une souscription volontaire qui enrichissait l'indigent'.

Mais, si la moralité a fléchi, l'organisation politique des nomades ne s'est point modiûée depuis le temps où les Nabatéens, dont nous parle Diodore, vivaient de razzias', comme le font si souvent les Arabes actuels et comme le faisaient les Arabes anté-islamiques dépeints dans le roman d'Antar. L'autorité politique est chez les Arabes à deux, parfois à trois degrés. Il y a d'abord le cheiky mot qui signifie ancien, vieillard*; c'est le chef paternel de la tribu primitive, du clan plutôt. Le cheik ne possède aucune autorité bien déterminée; on le choisit de plein gré; on l'abandonne, s'il exerce ses fonctions d'une manière incommode \ Pourtant son titre est héréditaire, de mâle en mâle. Il est le chef, même le juge, mais jamais le maître. Ses devoirs sont nombreux et lourds : il doit assistance aux siens en cas de péril; il lui faut venger les outrages qui leur seraient faits soit par des étrangers, soit par des Arabes d'une autre tribu; il est obligé de poursuivre les larrons étrangers, de perquistionner chez les siens, s'il en est qui soient soupçonnés d'un vol. Jour et nuit, il lui faut veiller à la sûreté commune; la nuit même, il fait des rondes dans le campement. D'autre part, toute prétention orgueilleuse lui est interdite : ses manières doivent être fraternelles; son devoir est d'être acceissible à tous, d'accueillir toutes les plaintes, de visiter tout le monde, d'offrir lui-même à manger au pauvre, qui se présente à l'heure des repas \ Cette dernière habitude a une origine bien lointaine, puisque, selon Strabon,le roi des anciens Arabes, des Nabatéens, donnait des banquets ou

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