‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 242 sur 538 · JomariK Arabie, iOl · texte numérisé non relu

JomariK Arabie, iOl

prend de guerroyer contre les Grecs, et veut désigner pour commander l'armée d'expédition un général éprouvé; mais il se heurte successivement à trois refus. Trois chefs illustres lui répondent, que, déjà, dans de précédentes guerres, leur responsabilité de général les a mis dans la nécessité de ménager leur vie. Il est bien temps, maintenant, objectent-ils, que, simples soldats comme les autres, ils aillent chercher la mort dans les combats : c la mort, c'est le paradis' i. Le pouvoir monarchique s'exerçait alors avec une grande simplicité; ainsi le khalife Omar portait une robe tellement usée, qu'on y comptait quelquefois douze pièces \ Se tenant sur les marches de la mosquée, il rendait lui-même égale justice au prince et au chamelier. Au roi de Ghassan, qui avait souffleté un Arabe coupable d'avoir, par raégarde, marché sur son manteau, Omar déclara qu'il était obligé d'appliquer la loi du talion : c Cet homme, en présence du peuple, te frappera au visage... Devant la loi de l'Islam, il n'y a ni privilèges ni castes. Tous les v Musulmans étaient égaux aux yeux du prophète; ils le sont à ceux de ses suc-

cesseurs'. »

A ce moment de leur histoire, les Arabes ne pouvaient supporter ni exaction ni déni de justice. — Le peuple et les monarques étaient primitifs encore. Les premiers khalifes étaient choisis après une sorte d'élection. Ainsi Omar mourant chargea six de ses plus illustres capitaines de lui désigner un successeur et ne leur laissa pour ce choix qu'un très courtdélai.Gommeiiarrivetropsouventdanslesélections, les délégués ne purent tomber d'accord qu'en choisissant un homme insignifiant, Olhman, gendre de Mahomet, âgé de près de quatre-vingts ans et très faible de caractère; mais

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