‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 257 sur 538 · Justin, XVni · texte numérisé non relu

Justin, XVni

d'une guerre intestine, une faction aristocratique de Tyr dut s'expatrier et s'en alla fonder Carthage^ Cette colonie phénicienne nous est beaucoup mieux connue que sa métropole et son gouvernement vaut la peine d'être décrit; car il réalise la plus haute conception politique, qui soit née dans le cerveau sémitique : c'est la ploutocratie primitive. Point d'aristocratie de naissance. A la base de la société, une population d'esclaves, cultivant les champs de la Libye par bandes composées de couples enchaînés. Certains domaines comptaient jusqu'à 20,000 de ces laboureurs malgré eux-. Â Garthage même, nombreuse plèbe sans ressources dominée par quelques opulentes familles. Â en croire Aristote, il y aurait eu primitivement à Carlhage des repas publics de sociétés amicales ou hélaîries^. Les délégués de ces hétaîriês nommaient des sénateurs investis de tous les pouvoirs, sauf le judiciaire. La dignité de sénateur se donnait au choix plutôt qu'à l'âge \ Polybe, lui, affirme qu'à Garthage toutes les dignités s'achetaient à prix d'argent; la richesse couvrait tout, quelle qu'en pût être ^origine^ La même personne pouvait cumuler plusieurs emplois^. En temps ordinaire, le sénat carthaginois gouvernait par l'intermédiaire d'une commission tirée de son sein; mais l'assemblée tout entière avait, seule, le pouvoir législatif. La commission administrative en déléguait une autre pour diriger les affaires militaires. Le président du sénat et des deux commissions portait le titre de suffète. Le mot suffètey qui signifiait juge, fut traduit en grec par le mot roi (^a^iXeuc). Le suffète était le chef du pouvoir exécutif, mais un autre suffète avait le

i. Justin, XVIII, 4.

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