Aristote, Politique, II, ch. viii
commandement militaire. Les deux suffètes étaient nommés par le peuple sur une liste de présentation dressée par rassemblée. Leur pouvoir était seulement annueL Un vrai comité de salut public surveillait les opérations du suffète militaire et pouvait à son gré le rappeler ou au contraire proroger son commandement ^ Les fonctions publiques étaient gratuites ^ Les suffètes étaient toujours choisis dans une famille distinguée, mais non toujours dans la même. A la condition d'être d'accord, les suffètes et les sénateurs avaient la faculté de soumettre certaines affaires à la décision du peuple. S'il y avait conflit entre le suffète et le sénat, c'était le peuple qui tranchait le différend^.
Ce gouvernement où, selon Polybe, l'argent donnait toutes lel^ dignités, était en effet chargé de diriger une société, absolument mercantile et rapace. Nous avons vu que les Carthaginois ne cultivaient pas eux-mêmes leurs champs; ils ne combattaient pas non plus eux-mêmes, préférant soudoyer des armées de mercenaires. Ils employaient à cela l'argent, qu'ils faisaient extraire par des esclaves et avec une grande cruauté, des mines de l'Ibérie*. Toutes leurs expéditions avaient pour but ou pour cause des intérêts d'argent. Leur jalousie commerciale était poussée jusqu'à la férocité. Ils coulaient bas tout navire étranger, qui osait côtoyer la Sardaigne, le Portugal ou la Mauritanie. Ils défendirent sous peine de mort de cultiver la terre en Sardaigne. Leurs traités interdisaient aux Romains tout trafic en Sardaigne, en Afrique, etc., etc. Ils étaient rapaces jusqu'à l'atrocité, commettaient sans scrupule tous les forfaits, que l'amour du gain peut conseiller à des êtres moralement peu développés,