‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 269 sur 538 · Manou, VII · texte numérisé non relu

Manou, VII

chien a fait lelle ou telle chose > ^ — Le roi indien avait naturellement sur son peuple droit de vie et de mort et il en usait. A son passage à Jyapour, dans le Rajpoutana (cela est d*hier), le voyageur Heber apprit que, la nuit précédente, la régente avait fait mettre à mort une de ses favorites, fort estimée, uniquement pour s'emparer de ses biens ^ACarnate) au siècle dernier, le roi obligeait ses sujets à labourer et semer pour lui, puis il faisait confisquer la moisson par des officiers à lui, n'en laissait qu'un quart aux paysans et vendait le reste au prix qu'il lui convenait de fixer, sans que personne osât se plaindre ^

La vie intime des rois indiens est à la fois voluptueuse et inquiète, car, en tout pays, un despote est exposé à des accidents inhérents à sa situation même; la pompe de sa cour ne le garantit ni du poison ni des embûches. Au dire du Grec Mégasthènes, les rois indiens changeaient de lit plusieurs fois chaque nuit\ Chaque soir, dit de son côté le Code de ManoUj le roi doit se retirer dans un endroit reculé de son palais pour écouter les rapports secrets de ses espions ^ On lui prescrit de ne manger que des mets préparés par des serviteurs dévoués, d'une inaltérable fidélité, et néanmoins, comme on n'est jamais sûr de rien, il faut que le monarque fasse soigneusement essayer ses aliments, les fasse aussi consacrer par certaines prières ayant la vertu de neutraliser le poison; il est sage en outre de mêler aux mets des antidotes et de porter sur soi des pierres antivénéneuses ^.

Celle crainte perpétuelle doit nécessairement jeter quelque amertume dans la coupe des plaisirs royaux, mais le

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