Ibid., YII
<mt L'ÉVOLUTION POLITIQUE
Code ne prescrit pas au souverain une vie ascétique. Bien au contraire il semble s'étudier à l'énerver par Tabus des voluptés. Mégasthènes avait remarqué le rôle considérable que les femmes jouaient dans la vie des rois indiens. Le roi^ rapporte-t-ily n'a autour de lui que des femmes, quand il sort pour les sacrifices publics; il chasse dans un parc, assis sur une estrade, décochant ses flèches sur le gibier poussé devant lui et ayant à ses côtés deux ou trois femmes armées. Quand il chasse au dehors, dans les forêts, sur un éléphant, des femmes, armées en amazones, le suivent sur des chars ou des éléphants ^ Les observations recueillies par Mégasthènes s'accordent très bien avec les renseignements qui nous sont donnés par le Code de Manou. D'après le texte sacré, tout le service personnel du roi doit être confié à des femmes, dont il faut pourtant au préalable examiner soigneusement les vêtements et les parures, de peur qu'elles ne cachent du poison ou des armes. Ces femmes doivent éventer l'oint du Seigneur, répandre surson corps de l'eau et des parfums*. Pour se reposer des affaires publiques, le roi ira s'ébattre avec ses femmes dans ses appartements réservés \ On recommande bien de faire alterner dans une sage mesure les occupations sérieuses et les folâtreries amoureuses ; mais, si le roi n'est pas un héros de vertu, les secondes ont naturellement grande chance d'entraver beaucoup les premières. C'est ce qui était arrivé à un prince, dont le poète Hindou, Kalidasa, nous décrit la voluptueuse existence. J'emprunterai à ce poème quelques passages colorés, très propres à compléter, à faire vivre les renseignements plus sérieux mais plus secs, que je viens de résumer : « Le roi Agnivarna avait des étangs pleins de lotus, que ses folâtres