‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 271 sur 538 · Ibid.. VIT · texte numérisé non relu

Ibid.. VIT

concubines faisaient trembler par les palpitations de leurs seins... des cachettes où la volupté se dérobait sous les fleurs... Deux choses accoutumées à reposer sur le sein ne laissaient pas un moment le sien \ide : c'étaient une lyre aux sons enchanteurs et une belle à la voix douce, aux yeux charmants... Lui-même peignait de fard les pieds de ses épouses... qui s'endormaient sur sa vaste poitrine, où leurs seins potelés effaçaient l'onguent de sandal... Il se balançait sur une escarpolette avec deux femmes sur ses cuisses... Ses femmes le ravissaient avec leurs ceintures d'or, lumineuses, gazouillantes, embaumées par les vapeurs d'encens et d'aloès... Son désir le poussait continuellement à délier et rattacher leurs vêtements, > etc., etc. Jene cite que très incomplètement celte vive peinture des joies du sérail. Voici, pour finir, comment le roi s'occupait du gouvernement : « Incapable de supporter même que l'intervalle d'une seule minute fût vide d'une volupté, il s'amusait jour et nuit, renfermé dans son intérieur, sans tourner les yeux vers ses peuples, qui désiraient obtenir un instant sa présence. Si quelquefois les sujets, uniquement par considération pour ses ministres, étaient gratifiés de cette vue, ce n'était jamais que de celle de son pied seulement, qu'il tenait en suspens à l'ouverture d'un œil-de-bœuf. Alors ses domestiques, inclinés avec respect, de révérer ce pied brillant du fard qui teignait ses ongles charmants...: ce pied, qui surpassait « dans sa ressemblance avec lui un lotus, effleuré des rayons du soleil nouveau-né. » Nous sommes déjà bien blasés sur l'abjecte servilité en usage dans les monarchies barbares; pourtant cette adoration du pied royal, fardé et passant par un œil-de-bœuf, est dans son genre quelque chose de sublime, un comble difficile à surpasser ^

1. Œuvres choisies de Kalidasa. Raghou-Vança, chant, xix (traduction Fauche).

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Pourtant le Code de Manon donne aux rois les conseils les plus moraux : ils doivent dompter leurs organes, fuir le vice, se garder du jeu, des femmes, de Tivresse, de la danse, de la musique, etc. ^ ; mais il a toujours été difficile d*enchaîner Tomnipotence par la seule vertu des préceptes.

L'Inde est vaste et peuplée de races fort diverses, aussi les lois de la succession au trône n'y sont pas uniformes. Manou prescrit aux rois, quand ils se sentiront près de mourir, de faire don aux brahmanes de toutes leurs richesses provenant des amendes légales, puis d'aller chercher la mort dans un combat ou, à défaut d'occasion guerrière, de se laisser mourir de faim". Il est permis de croire que ces conseils, quelque peu sévères, étaient rarement suivis. Dans tous les cas, le roi devait d'abord abandonner à son fils le soin de son royaume. Il semble bien que le fils montait sur le trône en vertu du choix paternel et que Tordre de succession n'était pas encore rigoureusement réglé \ Dans certains districts de l'Inde, la transmission du pouvoir se faisait encore dans la ligne féminine et collatérale; c'était le neveu du rajah, qui héritait du trône avunculaire*. Ce mode de succession était, nous le savons, une simple survivance de la primitive famille maternelle.

Dans les monarchies indiennes, le mode de gouvernement était en principe le plus pur absolutisme. Le pays était divisé et subdivisé en fractions de plus en plus petites, gouvernées au nom du roi par des chefs hiérarchiquement responsables. Ce système d'administration centralisée ressemble beaucoup à celui que nous avons trouvé au Pérou, en Chine, au Japon. Le roi indien désignait des chefs de dix.

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