Ibid.y VU
Les Grecs ont pu voir ce système de gouvernement fonctionner encore dans toute son intégrité. L'administration, nous disent-ils, était compliquée, minutieuse, tracassière. Des agoranomes surveillaient les cours d'eau, Tarpentage des terres, les écluses d'irrigation, inspectaient les industries, construisaient les roules, y établissaient le bornage. Des asiyonomes surveillaient les arts et métiers, assignaient un logis aux étrangers et ne les perdaient pas de vue, relevaient la statistique des naissances et des morts, faisaient la police des marchés, inspectaient les poids et mesures, les denrées, qui ne pouvaient être apportées au marché avant la publication du ban de la vente; ils veillaient à ce qu'ua marchand ne vendit pas deux espèces de denrées, s'il ne payait double impôt. Ils percevaient la dime sur chaque objet vendu, et quiconque se soustrayait frauduleusement à ce droit était puni de mort^ L'histoire confirme tous ces renseignements et montre, qu'en fait, les monarques indiens, ceux du moins qui sont bien connus, prélevaient sur les produits du sol presque tout ce qui n'était pas indispensable à la subsistance des laboureurs ^ Le Code de Manou est fort indulgent pour les exactions royales; il n'oppose à l'injustice du monarque que la vengeance des opprimés^ et demande surtout au roi de remporter des victoires, c Son devoir particulier, dit le texte, est de vaincre *. »
Le pouvoir attribué au monarque hindou est donc énorme ; mais, au-dessous de lui et indépendante de son bon plaisir, existe une rigide organisation sociale, fixée une fois pour toutes; c'est le régime des castes immuables et rigoureusement fermées. Ce régime n'est pas particulier à l'Inde; tous