‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 274 sur 538 · Ibid.y XI · texte numérisé non relu

Ibid.y XI

ies primitifs États barbares l'ont institué. Il résulte tout naturellement du droit du plus fort, de l'infatuation qui grise sans peine tous les êtres peu développés en possession d'une situation privilégiée, enfin de leur aversion pour le changement. Mais nulle part ce régime des castes ne s'est mieux conservé que dans l'Inde; nulle part il ne s'^st étalé avec plus de naïve iniquité. Les Grecs l'y ont vu encore intact; Manou le décrit avec complaisance ; on le retrouve aujourd'hui même dans les Etats indépendants de l'Inde et partout ailleurs il continue à subsister dans les mœurs.

Les castes hindoues sont réputées d'institution divine. C'est Brâhma, qui, pour la propagation de la race humaine, produisit de sa bouche, de son bras, de sa cuisse et de son pied, le brahmane, le kchatriya, le vaiçya et le soûdra^ Les Grecs avaient bien constaté l'existence de ces castes, mais en les multipliant trop, abusés qu'ils étaient par l'hérédité des métiers. Pour eux, les brahmanes représentent une caste de philosophes, exempts de toute charge, présidant aux sacrifices publics et aux funérailles, mais recevant en retour des dons considérables; les kchatriyas sont simplement une classe guerrière, nourrie aux frais du trésor royal ainsi que leurs chevaux et éléphants; puis viennent les laboureurs, cultivant un sol qui est propriété royale, enfin les pasteurs, les artisans. Aux yeux des Grecs, les subdivisions de la caste des vaiçyas semblèrent former des castes distinctes et sûrement ils confondirent avec elles la caste servile, celle des soûdras, qu'ils ne mentionnent pas^ Peutêtre aussi, comme l'affirme H.-S. Maine, la structure sociale en castes étagées n'est-elle dans l'Inde qu'un idéal brahmanique très incomplètement réalisé dans la pratique ^. Il est

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