Hcrudole, Ul
leurs armés, une désobéissance même légère, un simple soupçon suffisaient à perdre un satrape S à le faire déposer, ou condamner à mort sans autre forme de procès.
Les écrivains anciens nous donnent quelques renseignements précieux sur la manière dont s'alimentait le trésor royal en Perse. Les Perses proprement dits, les hommes de la nation conquérante, étaient exempts d'impôts. Les provinces tributaires payaient soit des tributs réguliers, soit des dons soi-disant volontaires. C'étaient tantôt des métaux précieux, que l'on fondait en lingots, tantôt des produits naturels, parfois des esclaves. Les redevances s'accumulaient à. Suse dans les magasins de la citadelle ^
L'ancien gouvernement de la Perse réalisait aussi parfaitement que possible la grande monarchie barbare; mais, en comparant la Perse moderne à celle de l'antiquité, on est surpris de voir combien en réalité le fond des choses a peu changé. Le shah actuel jouit encore d'une autorité aussi illimitée que l'était celle de Xerxès. Toute la population lui appartient. On s'honore d'être son esclave; beaucoup de grands seigneurs font même précéder leur nom du mot kouly (esclave). Le shah dispose à son gré de toutes les femmes de toute condition; pères et maris considèrent comme un honneur de céder au monarque leurs filles et leurs épouses^ et le Kobjar-bachi ou chef des eunuques fait des tournées dans les provinces à la recherche des belles filles pour le harem du maitre\ Filles et femmes, même celles des grands, peuvent être livrées à la brutalité des palefreniers du roi, sans qu'aucune protestation soit possible. « C'est la volonté du shah > est une formule qui couvre tout.