Schœmann, Antiquités grecques y
DANS La GRÈCE PROTOHISTORIQUE. 287
Comme les chefs de tribus sauvages ou barbares de toute race, le roitelet homérique ne peut soutenir sa situation qu'au moyen de richesses relativement grandes. D'ordinaire il possède un domaine princier (TSfxsvcç), nettement distinct du domaine privé*. D'ailleurs les cités avaient coutume de reconnaître les grands services par des dons importants : on voit, dans Ylliàdey les Lyciens recompenser Bellérophon, vainqueur de la Chimère, en lui offrant un vaste territoire enclos, portant d'abondantes moissons et des vignes fécondes ^ De même les Etoliens, vivement assiégés par les Curetés, implorent Taide de Méléagre et le pressent de choisir, dans la portion la plus fertile de la riante plaine de Calydon, un superbe enclos de cinquante arpents, cultivés moitié en vignes, moitié en terres de labour^.
Le petit prince hellénique cumule encore d'importantes attributions; car la différenciation des fonctions politiques et sociales est peu avancée; il lui faut s'occuper de toutes les affaires publiques, à l'intérieur et à l'extérieur. C'est lui qui commande en temps de guerre, lui qui rend la justice, lui qui préside aux cérémonies religieuses, sauf en ce qui regarde le sacerdoce\ En étudiant la constitution politique des tribus sauvages chez les races de couleur, nous avons vu que le perpétuel état de guerre a été, pour elles, l'un des principaux facteurs de la royauté primitive. Durant une expédition, les Peaux-Rouges les plus républicains obéissent docilement au chef qu'ils ont choisi. La royauté homérique n'a vraisemblablement pas eu d'autre origine. En temps de paix, le pouvoir des rois helléniques était encore contenu; en temps de guerre, il devenait absolu. Ainsi Ton voit