Aristote, Politique, III, ch. ix
Agamemnony le roi des rois, supporter patiemment dans les assemblées les épilhètes les plus outrageantes; Achille rappelle < œil de chien, cœur de biche, ivrogne » S sans qu'il se fâche; Thersite même, « le plus vil des guerriers », Tinsulte en plein conseil et en est quitte pour un coup de sceptre sur le dos et une contusion'; mais, sur le champ de bataille, Agamemnon a, sur ses guerriers, droit de vie et de mort : « Celui chez qui je soupçonnerai le désir de s'éloigner du combat, de rester inactif près des navires, qu'il n'espère pas échapper aux chiens et aux vautours ^ » Après la victoire, le roi hellénique prélève sur le butin une part honorifique. Dans les banquets il a droit à une place distinote, à une coupe plus grande, à des portions copieuses*. Le roi a pour serviteurs publics les hérauts, citoyens libres, ne vivant pas dans le palais du souverain dont ils sont les suivants. Ces hérauts sont couverts, durant la guerre et dans l'exercice de leurs fonctions, par le privilège de l'inviolabilité : ils ressemblent beaucoup aux crieurs des tribus peaux-rouges.
Le monarque homérique n'en est point réduit à sa fortune personnelle et à son lot dans le butin guerrier. Ses sujets lui payent tribut, s'il les en requiert. Quand Alcinoos et les € autres rois > phéaciens veulent combler Ulysse de présents, ils disent : c Nous appellerons tout le monde à subvenir à ces largesses ; car elles nous épuiseraient, si nous seuls y concourions ^ » — Le roi homérique rend la justice dans Yagora; seulement son devoir est de juger non pas capricieusement, mais d'après les coutumes immémoriales, dont il est seulement le gardien, et qui sont censées émaner