Ibid., XII
subdivisées en clans ^ Il existait, probablement avant la fondation de la cité, cinq de ces tribus représentées par autant de bourgades (xâ/xat). Soit que la cité de Sparte, une fois formée, fût difficile à enclore, soit que les citoyens s'en fassent plus à leur valeur qu'à des murailles, la ville n'avait pas de mur d'enceinte. On fait sans doute à Lycurgue un honneur immérité, en lui attribuant la distribution de la population libre en tribus et clans ((pvXae' et xâ|xae), ainsi que l'établissement du sénat, de la yîpov^ioL^ etc.; il ne ût, bien probablement, que régulariser un état de choses antérieur. Il est sage de faire la même réserve pour toutes les institutions communautaires, attribuées au législateur. Fonder en un moment une telle organisation politique et sociale, quand elle n'a point de racines dans les mœurs, est une chose à peu près impossible. Or, un régime analogue à celui de Sparte a existé dans d'autres États helléniques, et il a même préexisté en Crète, puisque Lycurgue ne fit que copier les institutions Cretoises. Ces réserves faites, je puis maintenant, non pas sans doute décrire en détail, mais au moins rappeler les traits principaux de l'organisation lacédémonienne.
La cité de Sparte eut pour origine la conquête et pour base sociale le servage. La population, vaincue par les conquérants doriens, fut d'abord réduite en servage, en périécie. Les Périèques, en Laconie et ailleurs, étaient simplement les premiers occupants des pays asservis, attachés au sol et auxquels on laissa d'abord, moyennant redevance, leur liberté personnelle. Ce fut seulement après une insurrection et une dernière défaite à Hélos, que les Périèques achéens furent totalement domptés et contraints à cultiver la terre comme esclaves. Il était interdit de les affranchir et de les vendre au dehors; mais ils étaient astreints à résider