Thucydide, H
dans un lieu donné et à exécuter certaines corvées*. Cependant, une classe de Périèques, intermédiaire aux citoyens libres et aux Hilotes asservis, fut encore tolérée. C'étaient des Périèques qui exerçaient à Sparte les professions industrielles d'armurier, de cordonnier, de tailleur, etc. On leur imposait même le service militaire. Ainsi aux Thermopyles, Léonidas avait avec lui trois cents Spartiates proprement dits et sept cents Périèques ^ Tout en étant réduits en servitude, les Hilotes conservaient cependant des produits du sol une part suffisante pour leur subsistance, mais cinq à six fois plus faible que celle prélevée par les maîtres. Les Hilotes étaient esclaves publics. Sur chaque domaine Spartiate, il y avait sept familles d'Hilotes; mais les Lacédémoniens libres se servaient des esclaves les uns des autres, comme s'ils avaient été leur propriété particulière, exactement comme ils faisaient au besoin, à la campagne, des chiens et des provisions de bouche'. On sait avec quelle sauvage dureté les Spartiates traitaient souvent leurs Hilotes. Plus d'une fois, j'ai eu occasion de le rappeler; actuellement, je me contenterai de mentionner, à titre d'exemple le fait suivant rapporté par Thucydide. Pendant la longue guerre du Péloponèse, Sparte aux abois dut armer des Hilotes. Puis, après la guerre, pour se débarrasser des plus redoutables d'entre eux, on proclama que l'on accorderait une récompense et la liberté à ceux des combattants hilotes qui croiraient y avoir droit. Deux mille d'entre eux eurent l'imprudence de se présenter, furent solennellement menés au temple, couronnés de fleurs, affranchis selon la promesse faite, puis supprimés *.