PluUrque, Lycurgue, XVIII
Entre les éphores de Sparte et les censeurs de la Rome antique, il y a plus d'une analogie. En effet les éphores laconiens étaient chargés de surveiller la vie publique des citoyens et de maintenir la bonne discipline des mœurs. Tous les dix jours, ils examinaient les jeunes gens, leurs vêtements, même leurs lits. Un certain Naukleidas fut réprimandé par eux en public et menacé de bannissement, parce qu'il prenait de TembonpointS Mais les éphores étaient surtout les censeurs des rois. Ils étaient au nombre de cinq et constituaient une sorte de directoire. On croit qu'à l'origine les éphores furent des magistrats nommés par les rois peut-être pour surveiller les autres fonctionnaires publics; mais il est certain qu'à l'époque de Théopompe ils avaient secoué la tutelle royale ; ils étaient probablement élus par le sénat^ et leur rôle était sans doute de maintenir les rois dans le devoir. Chaque mois, ils recevaient des deux souverains le serment, par lequel ceux-ci s'engageaient à gouverner conformément aux lois. De leur côté, les éphores juraient, au nom du peuple, de maintenir intacte l'autorité royale^. Ils avaient le droit de citer en leur présence les rois, auxquels il était seulement permis de ne comparaître qu'à la troisième sommation. Ils pouvaient réprimander les souverains, même les condamner à l'amende; seuls, ils restaient assis, en leur présence*. Le roi Agésilas, accusé d'être trop épris de popularité, d'avoir été obligeant pour ses amis, fut condamné à l'amende par les éphores. L'arrêt portait que le roi était puni pour avoir accaparé les cœurs de tous les citoyens, qui devaient être communs ^ Le roi Archidamas encourut la même punition parce qu'il avait épousé une femme trop