‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 303 sur 538 · Plutarque, AgésilauSy VI · texte numérisé non relu

Plutarque, AgésilauSy VI

petite. Les éphores présumèrent que cette chétive créature ne pourraient enfanter que des roitelets* Le roi Ânaxandride, dont la femme était stérile, dut en prendre une autre, pour la suppléer. Comme il se refusait à répudier la première, les éphores et le sénat l'autorisèrent à la conserver; il devint donc bigame par raison d'Etat et se contenta de donner à chaque reine une demeure spéciale*. Le pouvoir des éphores était très étendu; ils pouvaient, de leur autorité privée, condamner à mort les périèques; ils étaient chargés de surveiller cette population servile et, tous les ans, organisaient au milieu d'elle des expéditions de méfiance, des xpTîTscà (embuscades) ^

Les croyances supertilicuses du temps et du pays avaient fourni aux éphores un moyen simple et commode de déposer les rois ou du moins de les traduire en justice. Tous les neut ans, ils inspectaient le ciel, par une nuit bien noire et une atmosphère bien pure, et « s'ils apercevaient, dit Plutarque, aucune estoile, qui saultoit d'un endroit du ciel à un autre, ils mettoient leurs roys en justice, comme ayans commis quelque péché, à rencontre des dieux, et les suspendoient de leur royauté jusques à ce qu'il fut venu ou de Delphes ou d'Olympe quelques oracles qui les restituassent »^ Le sort des pauvres monarques était donc à la merci d'une étoile filante. Les éphores finirent par acquérir le droit de convoquer les assemblées délibérantes, d'y faire des motions et d'en diriger les débats *. La brièveté du pouvoir des éphores en tempérait quelque peu l'étendue. Leur magistrature était annuelle et, à son expiration, ils rendaient des comptes à leurs successeurs ^

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