Ibid,y
i98 L'ÉVOLUTION POLITIQUE
Cette royauté lacédémonienney condamnée à vivre sous l'œil vigilant des éphores, n'était d'ailleurs qu'une royauté constitutionnelle. Les rois étaient assistés d'un sénat de vingthuit membres élus par l'assemblée des citoyens, des égaux, des ojxocoe. Était ofioioçiont homme né dansla classe libre et jouissant de ses droits civiques. Pour cela, il était nécessaire et suffisant d'avoir observé strictement les lois de Sparte et surtout d'avoir participé aux repas public, de sa personne et par ses contributions. L'intégrité des droits civiques, la faculté d'exercer des fonctions publiques, d'assister aux assemblées et, le cas échéant, d'entrer au sénat étaient des privilèges exclusivement réservés aux citoyens résidantàSparte*. — Les citoyens étaient convoqués en assemblées primaires, tous les mois, au moment de la pleine lune. La majorité politique était fixée à l'âge de trente ans^ Ces assemblées populaires élisaient les sénateurs par acclamation et par un procédé tout à fait primitif. Les candidats aux sièges vacants traversaient en silence la foule des citoyens, qui manifestaient leurs préférences par des clameurs. Des scrutateurs, enfermés dans un endroit très voisin de l'agfora, prenaient note, mais sans voir les candidats, du moment où ils avaient entendu les acclamations les plus favorables ; l'élu se trouvait ainsi désigné impartialement, maison proclamait en même temps le nom de son plus sérieux compétiteur\
Le sénat, composé, comme son nom l'indique, de gens mûrs, ytpovcrta, avait pour fonction principale, dit Plutarque, € de consulter et digérer les matières avantqu'elles puissent être proposées au peuple > *. Ce n'était, dans le principe, qu'une sorte de conseil d'État préparant des projets de loi,