‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 305 sur 538 · Plutarque, Agii et Cléomènes, XHI · texte numérisé non relu

Plutarque, Agii et Cléomènes, XHI

que rassemblée générale des citoyens approuvait ou rejetait; mais ses attributions prirent, de bonne heure, plus d'importance. Un siècle après Lycurgue, il fut décidé que le sénat, à la condition d'être d'accord avec les deux rois, pourrait annuler les décisions populaires ^ Cette restriction delà puissance populaire marque le passage du régime démocratique au régime oligarchique.

Le sénat avait en outre le droit de donner une solution provisoire aux affaires, qu'il portait devant l'assemblée du peuple. — En outre les sénateurs étaient inamovibles '.

Des précautions spéciales avaient été prises contre la tyrannie ; ainsi une loi interdisait de confier deux fois au même individu le commandement des forces navales ^ — Mais l'asservissement des citoyens provint d'autre part : de l'argent. Quand les Lacédémoniens se furent enrichis aux dépens des Athéniens, les vieilles mœurs furent aussitôt fort ébranlées; néanmoins l'inégalité pécuniaire ne portait encore que sur la richesse mobilière; l'allotement du domaine rural en paris égales subsistait toujours et maintenait tellement quellement l'ancienne égalité. Ce fut un éphore, nommé Epidadéos, qui fit crouler tout le système et cela sans y viser. Uniquement afin de pouvoir déshériter son fils, qu'il détestait, Epidadéos parvint à faire voter une loi aux termes de laquelle tout citoyen était autorisé à disposer de son bien, de son vivant, soit par donation entre vifs, soit par testament : c Les autres, dit Plutarque, l'acceptèrent pour servir à leur avarice, qui fut cause de renverser et abolir une très belle institution : car les riches commencèrent alors à acquérir de tous costés, en déboutant les vrais héritiers... ; par ce moyen estant Topulence en peu

Page 1