Diodore, \III
de temps coulée es mains de petit nombre de gens, il y eut aussi tost une grande pauvreté en la ville de Sparte, qui fut cause d'y faire cesser tous les exercices honnêtes et libéraux . . . avec envie et haine à rencontre de ceux qui possédoient les biens, de manière quMl ne demoura pas plus de sept cents naturels Spartiates en tout et de ceux-là encore n'y en avoit-il pas plus de cent qui possédassent des terres et héritages : tout le reste estoit un amas de peuple souffreteux... allant mal vouluntiers et laschement à la guerre contre les ennemis de dehors et n'attendant autre chose que quelque occasion de remuer et changer tout au dedans ^ >
En outre, une grande partie de la richesse publique passa aux mains des femmes, qui dès lors s'opposèrent à tout retour à l'ancienne égalité, pour conserver, dit Plutarque, € leurs délices, es quelles, pour n'avoir pas cognoissance du vray bien, elles constituoient leur félicité' ». Pourtant la loi d'Epidadéos ne permettait pas les ventes immobilières, maison les pratiquait néanmoins sous forme de legs et de donation. Finalement il arriva que, soit par simple héritage, soit par l'abus des grosses dots, .qui s'était aussi implanté en dépit des primitives lois de Lycurgue, les deux cinquièmes du territoire de Sparte passèrent entre les mains des femmes^; aussi, au dire d'Aristote, on ne trouvait plus mille guerriers dans un pays, qui auparavant pouvait entretenir 1,500 cavaliers et 30,000 hoplites*.
L'état de choses établi par Lycurgue avait sans doute bien des inconvénients pour les particuliers; il entravait très