‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 309 sur 538 · III. — l'Évolution de la royauté en grèce · texte numérisé non relu

III. — l'Évolution de la royauté en grèce

En confrontant la royauté barbare des temps homériques à la royauté réglementée et mise en tutelle de Sparle, on peut se représenter avec une suffisante exactitude l'évolution politique, qui a ramené la Grèce monarchique aux institutions républicaines. A Taurore de la période historique, cette évolution s'était accomplie dans toutes les cités grecques, Sparte exceptée.

Mais déjà la royauté homérique n'est pas une royauté complète: c'est en quelque sorte une royauté républicaine. Dans chaque cité, un chef militaire, appartenant à une famille influente et riche, souvent à cause des exploits d'un ancêtre, est devenu un roitelet héréditaire; mais l'autorité de ce roitelet est bien loin d'être despotique. Toujours le souverain doit compter avec son peuple. Incessamment il a recours au référendum et, sans l'assentiment des citoyens convoqués dans Yagora, il ne saurait prendre aucune résolution importante. Bien loin d'être le propriétaire de son petit peuple, le roi, s'il a besoin de quelques ressources extraordinaires, doit les demander, obtenir le consentement populaire. Il cumule bien les attributions de chef guerrier et de juge; mais, dans ses arrêts, force lui est de se conformer aux coutumes des ancêtres. On lui rend certains honneurs; il a des droits de préséance, une part privilégiée dans le butin guerrier; mais il n'a pas, sur les citoyens, droit de vie et de mort, excepté en temps de guerre et en cas de lâcheté devant l'ennemi.

C'est là le premier stade de la royauté. Toujours elle a débuté de cette manière anodine ; mais presque partout elle s'est épanouie, faisant peser sur le peuple un joug de glus

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en plus lourd. Les grandes monarchies orientales ont commencé, comme la petite royauté hellénique; puis, rien ne s'opposant à leur développement, elles sont devenues des empires despotiques où le monarque disposait en maître absolu de son peuple réduit à Tétat de troupeau.

En Grèce les choses évoluèrent autrement, sans doute à cause de la supériorité native de la race. Non seulement le petit roi hellénique ne devint pas un roi sérieux; mais il fut même arrêté dans son développement et finalement balayé par un renouveau républicain, dont Athènes nous offre le spécimen le plus éclatant.

A Sparte seulement, la forme monarchique subsista, sans doute parce que les Spartiates appartenaient à la race dorienne, moins développée que les autres rameaux helléniques. Mais même à Sparte, l'autorité royale dut rétrocéder, se laisser mettre en tutelle. Les duarques de Sparte sont en réalité des serviteurs de la cité, soumis à Tinsolente surveillence des éphores, sortes de tribuns populaires régentant les rois. Un souverain, qui, même au retour d'une expédition victorieuse, n'a pas le droit de dîner chez lui en tête à tète avec sa femme, est vraiment un assez pauvre sire.

Les institutions de Sparte ont vivement excité Tadmira* tion de Tun des grands écrivains politiques de l'antiquité, de Polybe : « Quand je considère, dit-il, les lois établies par Lycurgue pour maintenir l'union et la concorde parmi les citoyens, mettre la Laconie à couvert de toutes insultes et faire que les peuples jouissent d'une liberté solide, elles me paraissent si justes et si sages que je suis porté à croire qu'elles viennent d'un dieu plutôt que d'un homme *. i — Polybe fait même l'éloge des institutions de Lycurgue, en croyant en faire la critique : « Le gouvernement institué par Lycurgue se suffisait à lui-même, dit-il, tant qu'il ne s'agis-

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