‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 318 sur 538 · F. de Coulanges, Cité antique · texte numérisé non relu

F. de Coulanges, Cité antique

cupaient pas uniquement de leurs affaires intérieures; dans leurs assemblées, ils discutaient aussi les affaires publiques^ : c'était quelque chose d'intermédiaire au clan primitif et à la commune.

En principe,, dans les institutions de Solon, le peuple possédait bien le pouvoir législatif, mais avec force restrictions dans la pratique. Guider le suffrage universel, prévenir ses écarts et au besoin les corriger a toujours été Tun des principaux soucis des législateurs, dans ces primitives démocraties du monde gréco-romain. Au-dessus des assemblées générales, il y avait le sénat, composé de 400 membres choisis annuellement, mais seulement dans les trois premières classes. Chacune des quatre tribus fournissait cent sénateurs. Le Sénat athénien s'appelait ^ovXiiy c'est-à-dire volonté délibérée. Sa fonction était de préparer les sujets qui devaient être discutés dans les assemblées générales des citoyens. Aucune proposition ne pouvait être soumise au peuple sans la décision préalable du sénat^ A l'action limitative du sénat s'ajoutait celle des nomoihèleSy qui subsistait encore en principe au temps de Démosthènes. Chaque année, le peuple était consulté pour savoir si la législation devait être modifiée. L'idée de revision était-elle adoptée, tout le monde était autorisé à faire des propositions, afûchées d'abord dans l'agora. Puis, on élisait, en séance générale, une commission de nomothètes, pris dans le personnel du tribunal des héliastes de l'année, par conséquent âgés de trente ans et assermentés. L'affaire se débattait devant les nomothètes comme un procès en forme. Les révisionnistes se portaient accusateurs; des avocats d'office, désignés par le peuple, défendaient les lois existantes : la commission des nomothètes décidait. Il fallait

1. Schœmann, loc, cit., 420. — F. de Coulangcs, loc. cit. y 339.

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