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Ibid

Letovrneau. — • L'Évolution politique. 2t

32i L'ÉVOLUTION POLITIQUE

rappelant € barrière contre Tanarchie et le despotisme, ... rempart du pays, salut d'Athènes,... incorruptible, vénérable, sévère, sentinelle éveillée, quand la cité dort » ^ L'Aréopage ne procédait pas ouvertement, comme le tribunal des héliastes; ses allures étaient inquisitoriales. La dénonciation jouait d'ailleurs un grand rôle dans la démocratie athénienne et la littérature grecque nous parle sans cesse de la plaie des sycophantes. On confiait à l'Aréopage les instructions judiciaires, que Ton voulait voir mener consciencieusement; mais ce tribunal en ouvrait souvent contre les citoyens; il surveillait les mœurs, s'occupait des scandales de la vie privée, poursuivait les oisifs sans fortune, les dissipateurs, veillait à l'application des lois somptuaires, à l'éducation de la jeunesse ^ Antérieur à Solon, l'Ai^éopage avait d'abord été un collège aristocratique; Solon le recrutait en y faisant entrer les anciens archontes ^

Je viens de dire qu'une des attributions de l'Aréopage était de surveiller l'éducation. C'est qu'en effet, à Athènes, l'instruction était à la fois obligatoire et libre. 11 n'y avait pas d'école d'État; mais les lois prescrivaient aux parents pauvres de donner un métier à leurs enfants; elles ordonnaient à tout le monde de faire apprendre aux enfants la gymnastique et la musique, mais par musique on entendait tout ce qui pouvait contribuer à la culture intellectuelle. Les grammairiens enseignaient aux enfants pauvres la lecture et l'écriture; on leur faisait aussi copier et apprendre les plus beaux passages des poètes. Longtemps la musique proprement dite, la mélodie sans paroles, fut méprisée ; on ne l'accepta guère qu'au temps d'Aristophane : en principe, la musique devait être seulement Taccom-

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