Ibid
d'argent valait 5,400 fr.) étaient astreints aux liturgies; mais une loi, dite de rechange^ autorisait tout citoyen désigné pour remplir une onéreuse fonction liturgique à obliger un autre citoyen plus riche à le remplacer et, en cas de refus, à faire avec lui réchange des biens ^
D. Telles étaient les obligations des citoyens libres ; mais toute celte démocratie égalilaire d'Athènes reposait en fait sur l'esclavage. Une population servile, relativement énorme, déchargeait les citoyens de toute la grosse besogne sociale. Presque tous ces esclaves étaient nés dans la servitude, les prisonniers de guerre étant ordinairement échangés ou admis à rançon. Pour 90,000 citoyens, il y avait à Athènes 365,000 esclaves. Platon rapporte que, pour un Athénien aisé, la proportion de 50 esclaves était fort ordinaire*. Xénophon affirme que plusieurs de ses concitoyens employaient dans les mines 300, 600, 1,000 esclaves'. Les; esclaves tantôt cultivaient la terre, tantôt servaient sur les navires marchands, tantôt exerçaient un métier. Ces derniers étaient souvent loués par leurs maîtres. Au dire d'Eschine, les esclaves, qui travaillaient le cuir ou brodaient, pouvaient rapporter à leurs propriétaires deux oboles par jour; un bon contre-maître en rapportait trois*. Certains esclavesartisans travaillaient à part et alors payaient seulement une redevance à leurs maîtres. Athènes était célèbre pour la mansuétude relative avec laquelle elle traitait ses esclaves. En effet les Athéniens admettaient les esclaves dans les temples et les lieux consacrés. On recevait même leur témoignage en justice, mais seulement dans les affaires de meurtre. Souvent on les affranchissait par testament public, du vivant de leurs
1. Scliœmann, loc, cit., 525. — Mesnil-Marigny, HuU écon, poL, IH» ^•). t. RépubUque, IX.