IV. — LA DÉMOCRATIE ATHÉNIENNE
Dans le précédent chapitre, en retraçant révolution des iostitutions politiques à Sparte, j*ai montré que le pouvoir royal n'y était pas sérieux. Les rois laconiens n'étaient en réalité que des commandants militaires, vivant sous Tœil vigilant de la police sénatoriale.
Pour la plupart des peuples, l'évolution politique va du régime de la tribu aristocratique et monarchique à celui de la royauté barbare, de plus en plus despotique, et, après une durée suffisante, celui-ci avilit les nations, brise pour longtemps chez elles tout ressort moral. Mais la race hellénique était à la fois trop fine et trop forte pour se plier à la servilité abjecte des grandes monarchies barbares. Sparte elle-même n'adopta qu'une pseudo-royauté. Quant à Athènes, elle évolua franchement vers le régime démocratique, tout en s'efTorçant d'en atténuer les inconvénients et les dangers. Polybe met l'organisation de Sparte bien au-dessus de celle d'Athènes. < Il en a toujours été, dit-il, des Athéniens comme d'un vaisseau où personne ne commande ^ » Il est certain queSparte eut plus de suite dans sa conduite politique et que ses primitives institutions formèrent un petit peuple doué d'une rare énergie, un peuple qui triompha dans son duel avec la démocratique Athènes et conserva mieux son indépendance; mais, par compensation, ce peuple resta borné, sans ouverture d'esprit, sans originalité intellectuelle, tandis qu'Athènes a donné le spectacle d'une floraison intellectuelle sans égale dans l'histoire de l'humanité.