Ibid.y
citoyens; mais ces assemblées amphyctioniques, qui ne pouvaient évidemment être universelles, comme les assemblées du peuple dans une cité, étaient représentatives : c'étaient des assemblées de délégués. Ainsi les Lyciens avaient, nous dit Strabon, constitué une confédération de vingt-trois villes, qui envoyaient chacune des représentants à rassemblée de l'association, au synédrioti. Cette assemblée se tenait tantôt dans une cité, tantôt dans une autre et le nombre des suffrages était proportionnel à l'importance des villes : l'une en avait trois; l'autre, deux; une autre, un seul. La contribution aux charges communes était fixée de la même manière ^ Cet exemple des Lyciens suffit à prouver que l'organisation de la cité hellénique, si individualiste qu'elle fût, n'excluait pas la formation de grandes républiques confédérées : elle était seulement incompatible avec un gouvernement centralisé.
Le régime d'unité, si fortement cimenté, de la cité hellénique avait sûrement son origine dans les mœurs communautaires du clan familial et il en conservait plus d'une trace, notamment la coutume, si répandue dans la Grèce antique, des repas communs. Ces fraternelles agapes étaient en usage dans toute la Grèce; la religion les consacrait et des libations et des prières en marquaient le commencement et la fin. Bien des fois, au cours de ces études, j'ai parlé des repas publics à Sparte, où ils avaient lieu régulièrement deux fois par mois et tous les jours de fête, aussi bien que dans les autres cités grecques où ils étaient fréquents. A Athènes, le sort désignait les citoyens qui devaient assister aux repas communs; on les appelait les parasites et quiconque refusait d'être parasite enôourait une sévère punition'. Mais ces repas communs, dont la consécration