Athénée, Deipnosoph,, IV
Letourneau. — L'Évolution politique. 22
Les enfants assistaient à ces agapes ainsi que les jeunes gens et ils y faisaient leur éducation politique. Tous les enfants d'ailleurs étaient élevés aux frais de l'État. A chaque ovî/jeF^v était attaché un pœdonomej chargé de présider aux exercices des enfanlSy qui, arrivés à un certain âge, entraient dans des groupes infantiles appelés agélés. Chaque agélé se formait par les soins d'un enfant appartenant à une famille illustre et recrutant lui-même ses camarades. Le père de Tenfanl fondateur élait ordinairement le directeur de Vagélé; il organisait les exercices et avait le droit de punir les enfants du groupe. A époques fixes, il y avait des combats simulés, au son de la flûte et de la lyre, des agélés entre eux. Tous les enfants des agélés étaient nourris aux frais de TÉtat'. Les gymnases des autres cités grecques peuvent être considérés comme une réduction fort atténuée de Yagélé des Cretois. Nulle part, en effet, il n'existait d'écoles d'État, mais chaque ville avait son gymnase, souvent luxueux, avec leçons obligatoires et surveillants officiels (Schœmann, loc.cit,,\i9).
J'ai rapporté précédemment ce que nous disent les auteurs anciens sur l'étrange initiation érasiique^ qui faisait passer Tenfant crétois dans la classe des guerriers et qui suffirait, seule, à démontrer combien la morale est chose relative et variable ^ Ces coutumes érastiques, qui nous inspirent «lutant de dégoût que d'étonnement, semblaient cependant toutes naturelles à Aristote, qui loue la sagesse du législateur crétois, lequel, dit-il, pour prévenir un excédent de population, avait établi l'institution du commerce des hommes entre eux^
En Crète, le pouvoir législatif résidait dans l'assemblée générale des citoyens; mais cette assemblée ne délibérait