‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 344 sur 538 · Politique, II, ch. vu · texte numérisé non relu

Politique, II, ch. vu

que sur des propositions faites par le synédrion ou assemblée des géronles. Les géroutes étaient des citoyens éprouvés, estimés et ayant rempli les fonctions de cosmes. Les cosmes commandaient les troupes en temps de guerre et remplissaient des fonctions analogues à celles des éphores à Sparte, à l'exception bien entendu de tout ce qui concernait les rapports de ces derniers avec les rois, puisque la royauté avait été abolie en Crète. L'institution des cosmes crétois était le dernier vestige de l'ancienne aristocratie; car on ne les prenait jamais que dans certaines familles \ — Enfin, cbaque année, on élisait dix archontes, représentant le pouvoir exécutif et prenant conseil du synédrion^. Toutes les magistratures étaient annuelles ^.

Telle était l'ancienne organisation Cretoise; elle s'altéra assez vite. Il n'en subsistait plus guère de traces du temps de Strabon, et Polybe parle des Cretois comme d'un peuple avili par l'amour de l'argent. La loi, dit-il, leur permet d'acquérir individuellement autant de biens-fonds, qu'ils veulent*, c Le honteux amour du gain et des richesses s'est, ajoute-t-il encore, tellement établi parmi eux, que cette île est le seul pays au monde, où le gain, de quelque nature qu'il soit, passe pour honnête et légitime ^ » Cette naïve indignation de Polybe prouve assez, que, de son temps, la ploutocratie avait encore bien des progrès à réaliser.

Dans la Grèce antique, Sparte et la Crète sont d'archaïques survivances. Les autres États helléniques avaient évolué plus rapidement et le plus souvent dans le même sens qu'Athènes. A la monarchie des temps homériques avait succédé, presque partout, sous une forme ou sous une autre, l'oligarchie des

1. strabon, X, ch. iv, 16-21 — Aristotc, Politique, II, ch. vu, 3-5.

±, Strabon, X, ch. iv, 22.

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