Polybe, République, etc., VI, fragment
familles nobles, des eupatrides {évnarpiiai) faisant remonter leur généalogie jusqu'aux âges mythiques. Souvent les privilèges politiques des nobles ou des riches, ce qui ordinairement était la même chose, avait sa contrepartie en lourdes charges publiques. Dans la république oligarchique de Rhodes, les liturgies étaient plus onéreuses encore qu'à Athènes. On y obligeait tel ou tel citoyen riche à fournir tout un approvisionnement de vivres; les indigents recevaient des citoyens riches des secours de toute sorte et l'État faisait de périodiques distributions de blé \ Souvent aussi, le régime timocratique (tr/XY], honneur), que Solon inaugura à Athènes, faisait dépendre l'éligibilité de la fortune, du cens^ L'évolution politique de la plupart des cités grecques se résuma dans la graduelle substitution de la démocratie à l'oligarchie. Les anciens, nommés à l'élection, finirent par remplacer les eupatrides. Il se forma d'abord des conseils de gens âgés, expérimentés, ayant souvent rempli d'importantes fonctions et désignés pour siéger à vie dans la gérousie ou le sénat (|3ouX^). Puis le sénat, annuellement renouvelé, remplaça la^érousie, mais ordinairement ses membres ne pouvaient être choisis que dans un groupe restreint de citoyens. Il se constitua ainsi des assemblées de plusieurs centaines de citoyens riches, ayant au-dessus d'elles ou choisissant dans leur sein des rapporteurs chargés de préparer les sujets de discussion, même d'expédier certaines affaires.
L'organisation politique de Marseille, Massalia, nous offre un bon exemple de ces gérousies nommées à vie et marquant la transitionentre l'oligarchie des eupatrides et la démocratie pure. Massalia avait un conseil de six cents membres, appelés timouques. Ces timouques étaient nommés à vie et, pour être