Politique, VI, ch. ii
•1. Schœinann, loc. cit., 176.
atlira les pelites gens par une indemnité, et alors ce furent les riches qui, devenus impuissants, n'assistèrent plus aux réunions. Dans les démocraties radicales, soupçonneuses, et où l'inégalité pécuniaire était grande, comme à Athènes, on se décida, pour déjouer toute intrigue et toute corruption dans la nomination des fonctionnaires, à désigner au sort la plupart d'entre eux^
Les progrès du régime démocratique n'allèrent pas sans des rivalités de classes et des luttes intestines, durant lesquelles démocrates et ploutocrates rivalisaient de mesures violentes les uns contre les autres. On a vu, dit Aristote, les riches se lier entre eux par le serment suivant : c Je jure d'être Tennemi du peuple (il faut entendre le populaire) et de lui faire tout le mal que je pourrai^ > Les démagogues, de leur côté, distribuaient aux citoyens pauvres tout ce qui restait dans le trésor public, le budget des dépenses une fois pourvu '• Diverses cités démocratiques prirent des mesures pour éloigner tout citoyen exerçant, de manière ou d'autre, une influence trop grande. On peut citer à ce sujet, outre Athènes, qui avait l'ostracisme, Argos, Mégare, Syracuse, Ephèse, Milet *. La fortune des exilés était ordinairement confisquée, versée au trésor public : ces confiscations se décrétaient à la simple majorité des suffrages '\ Indépendamment de ces mesures légalement votées, il y avait les prises d'armes insurrectionnelles avec leurs conséquences ordinaires. A Mégare, après une insurrection populaire victorieuse, on décréta l'abolition des dettes et l'obligation pour les créanciers de restituer les intérêts jusqu'alors touchés par eux. A Samos, en l'an 412 av. J.-C., le peuple mit à mort