‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 348 sur 538 · F. de CoulangcS; loc. cit · texte numérisé non relu

F. de CoulangcS; loc. cit

deux cents de ses adversaires, en exila quatre cents et se partagea ensuite leurs terres et leurs maisons ^ Les riches n'étaient pas, le cas échéant, plus débonnaires que leurs adversaires. A Milet, ayant dompté une insurrection d'abord victorieuse, ils se donnèrent le plaisir d'enduire de poix les enfants des pauvres et de les brûler tout virs^

Les violences, les horreurs même, commises durant ces commotions sociales, ont bien souvent été imputées à la folie démagogique; il n'en est rien; elles sont tout simplement résultées du naturel antagonisme entre la minorité privilégiée, l'aristocratie d'argent, ayant réussi par divers moyens pas toujours avouables & accaparer le plus clair de la richesse publique, et les classes dénuées et souvent spoliées. Sans doute, sous le régime des monarchies très despotiques, ces convulsions sont beaucoup plus rares; c'est que la masse est plus écrasée, et, le plus souvent aussi, soustraite aux très dures privations; les maîtres la nourrissent, comme ils font de leurs animaux domestiques. Dans une cité libre, où les citoyens ont des droits politiques, mais ou les abus de l'individualisme ne leur laissent pas toujours de pain, o\\ l'on peut être privé du nécessaire pour vivre, le contraste est trop criant pour ne pas exciter la révolte intermittente de ceux qui sont le nombre, c'est-à-dire la force.

Il importe aussi de remarquer, que, dans ces cités démocratiques de la Grèce, la liberté n'était le partage que de la minorité. Au-dessous du petit noyau des citoyens, il y avait toujours une nombreuse classe servile, qui certainement fournissait de nombreuses recrues aux révoltés. A diverses reprises, j'ai dû parler de l'esclavage en Grèce; il me faut encore en dire quelques mots. Dans les cites helléniques, le plus clair de la grosse besogne sociale se faisait par

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