Espînas, loc. cil., ii
cent individus, mais toujours lechef dechacunede ces familles est un sultan fort ombrageux. — Chez les lamas giianacos, le mâle polygame est aussi très jaloux ; sans cesse il lutte avec ses rejetons devenus grands et ne maintient sa suprématie qu'à la condition d'être le plus fort. Tant que son brutal pouvoir s'impose, il surveille la communauté, broute à l'écart et donne au besoin le signal d'alarme \ Il est donc possible que chez les autres mammifères, vivant aussi en hordes familiales, la sentinelle vigilante soit simplement le mâle régnant. Le pouvoir de ce monarque tyrannique est ton* jours menacé, toujours précaire. A Chillingham-Park, en Angleterre, dans un troupeau de bovidés sauvages, considérés, à tort ou à raison, comme appartenant à l'espèce bos primigenius et consei*vé pour cela, on a vu deux jeunes taureaux attaquer, renverser et expulser un vieux mâle, qui, quelques jours plus tard, s'étant mis en embuscade, surprit à son tour l'un des insui^és, le tua, reconquit le pouvoir et régna de nouveau sur le troupeau ^
Dans ces hordes, où les mâles vivent en sultans tyranniques, l'instinct social se confond avec celui de la propriété. Mais au sein d'agglomérations plus nombreuses, cet instinct d'appropriation s'élargit, change de forme, devient vraiment social. Alors chacun des membres de la collectivité fait en quelque sorte corps avec ses compagnons, vil de leur vie, écarte, s'il le peut, les dangers qui les menacent. Quand un clan de lapins, par exemple, broute hors du terrier, s'il survient quelque incident suspect, les animaux les plus âgés, qui toujours ont l'œil et l'oreille au guet, donnent l'alarme en frappant le sol avec leurs pattes postérieures et, € si quelques lapins, plus jeunes et plus imprudents, ne cèdent pas à ces premiers avertissements, les vieux restent