‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 354 sur 538 · Hérodote, VII, loi · texte numérisé non relu

Hérodote, VII, loi

breux satellites, augmentaient les impôts pour payer ces dévoués serviteurs sur les écarts desquels ils fermaient volontiers les yeux. Toujours ils devenaient de fougueux adversaires du droit de réunion; toujours ils organisaient l'espionnage. A Syracuse, Hiéron envoyait des c écouteurs % (cÔTa/ou(70tç) partout où se tenait une assemblée ^

Souvent aussi le tyran hellénique est avide : en cinq ans, Denys de Syracuse s'appropria toute la fortune publique*. Enfin le tyran est toujours disposé à guerroyer au dehors pour occuper ses sujets et aussi pour leur montrer qu'ils ont pour chef un militaire'. Enfin, exactement comme les rois héréditaires, le tyran prétend faire souche de souverains, fonder une dynastie. En Grèce, ces dynasties de tyransfurent toujours d'une extrême brièveté. La plus durable, celle d'Orthagoras et de ses enfants, à Sicyone, ne vécut qu'un siècle; celle des Pisistratides à Athènes ne compta que trente-cinq ans de règne; et celle de Hiéron et Gélon, à Syracuse, n'eut que dix-huit ans de durée ^. Exactement comme les dynasties ordinaires, les dynasties tyranniques se dégradent, dégénèrent; elles s'étiolent même beaucoup plus vite. Parfois les premiers tyrans ont encore une certaine valeur; mais leurs rejetons inmmédiats sont souvent ce que ' nous appelons des c dégénérés >. Ainsi, à Syracuse, Hiéronyme, successeur de Hiéron et encore adolescent, comblait de présents ses flatteurs, tuait ceux de ses amis qui lui parlaient trop franchement, violait les femmes, confisquait les biens des habitants, etc. ; on ne le put supporter que onze mois\ Il est superflu de remarquer combien ces expériences, faites sur une petite échelle dans les cités belle-

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