‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 364 sur 538 · F. (1c Coulangcs, loc. cit · texte numérisé non relu

F. (1c Coulangcs, loc. cit

Au momeut où la petite cité romaine apparaît dans rhistoire, nous la voyons composée de deux populations juxtaposées, mais ayant peu de choses en commun. Ce sont d'abord les trois tribus primitives, fournissant 1,000 fantassins et 1 00 cavaliers ; elles sont subdivisées en trente curies. Ces tribus comprennent les patres et les membres des génies^ les patriciens. Seules, elles constituent le populus romanusy rÉtnt politique. De leur sein et de là seulement sortent le sénat, les prêtres, les rois, mais autour de chaque patricien vivent un certain nombre de clients dépendants et dévoués. Ces trois tribus et la foule des clients forment la cité politique, qui réside sur le Palatin. Mais autour d'elle, au delà du pomaeriuniy sur les collines voisines, s'est amassée une foule sans nom, sans loi ni organisation, la plèbe. Les individus qui la composent, ou bien sont accourus spontanément pour jouir du droit d*asile qui leur était offert, ou bien ont été transportes à Rome par la conquote. Tous sont en dehors du droit; ils n'ont ni auspices, ni familles, ni aïeux; défense leur est faite de s'unir aux familles patriciennes et ils sont privés de \dLpotestas paternelle ainsi que du droit de tester'.

Dès l'époque la plus lointaine, ces deux populations, qui ont pourtant même destinée et ne sauraient subsister l'une sans l'autre, sont en conflit perpétuel. Les patriciens veulent maintenir la plèbe dans une situation inférieure, subordonnée, dont celle-ci s'efforce sans cesse de sortir. Toute l'histoire de Rome, de Rome libre, est celle de cette rivalité.

C'était ]c populus des Irenle curies patriciennes, réunies en assemblée générale, qui, sur la proposition du sénat, nommait le roi. Ce roi primitif, chef de tribus confédérées, était seulement élu à vie. C'était surtout un chef militaire,

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